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Lola & Claire, le court métrage lumineux d’Élisabeth Desbiens sur un sujet sombre

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6 mars 2018 – Frédéric Bouchard

Issue du monde de la danse, Élisabeth Desbiens aborde le thème du mouvement avec son plus récent court métrage « Lola & Claire ». Fruit d’un long processus d’écriture qui a duré deux ans, le film raconte l’histoire d’amour inconditionnel entre deux soeurs, la première dont c’est l’anniversaire, la deuxième complètement paralysée. Composé d’abord de différentes scènes, le scénario s’est déployé autour de l’idée du corps immobile. « C’est un processus de création qui part de l’intérieur et qui va vers l’extérieur », décrit la cinéaste en entrevue.

Les choix formels ont été déterminés par une ambiance marquée par la nature, indique Élisabeth Desbiens. En effet, parallèlement à la maison dans laquelle évoluent ces deux personnages, le court métrage crée un espace pour que Claire puisse évoluer. «C’est son monde imaginaire», souligne la réalisatrice. Elle a choisi d’évoquer le délicat sujet du suicide assisté à travers les yeux d’un enfant et a ainsi opté pour un film très lumineux.

Aidée de François Gamache à la direction photo et de Frédéric Devost à la direction artistique, la cinéaste s’est beaucoup inspirée du travail de Terrence Malick dans «The Tree of Life» pour concevoir cet univers qui baigne dans la lumière naturelle. «Je voulais vraiment qu’il y ait un clash entre le lieu où vit Claire, immobile, et sa réalité. Tout est beau, tout est parfait, tout est placé autour d’elle alors qu’elle est brisée à l’intérieur», explique-t-elle.

Pour incarner ces deux jeunes filles, Élisabeth Desbiens avoue ne jamais avoir arrêté les auditions sans avoir eu de coup de coeur. Son choix s’est arrêté sur Rebecca Miville-Deschênes et Léa Girard-Nadeau. La première est une jeune comédienne qui était au générique de «Était une bête», le précédent court métrage de la réalisatrice tandis que la deuxième s’est démarquée par sa grâce, mais également sa justesse à laisser son corps entièrement immobile.

Tourné à Boucherville en 3 jours, le film a profité des grandes maisons et des boisés que permet le décor de cette ville où la réalisatrice habite. La cinéaste a d’ailleurs écrit le récit en se laissant imprégner par ce paysage. Pour les séquences en forêt, elle a trouvé une érablière située à Varennes.

À la musique, la réalisatrice ne jure que par le compositeur Peter Venne. «On connaît l’univers de l’un et de l’autre. Il sait ce que j’aime et ce que je veux. J’ai besoin de très peu de mots pour qu’il comprenne où j’ai envie d’aller», raconte-t-elle.

Court métrage qu’elle décrit avoir dans la peau, «Lola & Claire» a bénéficié de l’aide financière du Conseil des arts et des lettres du Québec. Même si elle envisageait l’aide des autres institutions, Élisabeth Desbiens croit être allée au bout de ses idées et de ses réflexions amorcées depuis ses précédents films.

En plus de la préparation du dépôt aux institutions d’un premier scénario de long métrage qui traitera certainement de danse, la cinéaste développe également avec Lou-Pascal Tremblay «Régime de danse», une websérie portant sur le ballet classique que les deux créateurs ont soumis au fonds TV5.

«Lola & Claire» était en lice pour le gala Prends ça court!   [Frédéric Bouchard]

Nouvelle 8 de 20 – Quotidien Qui fait Quoi – Le mercredi 28 février 2018 No 5467

 

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